
Phoebe Gates, 23 ans, fille du fondateur de Microsoft, se retrouve au cœur d’une controverse qui égratigne sérieusement sa réputation et qui pourrait avoir de lourdes conséquences juridiques. La jeune femme est cofondatrice de Phia, une extension de navigateur spécialisée dans les codes de réduction, avec son ancienne camarade de Stanford Sophia Kianni. L’entreprise est accusée de « cookie stuffing », une pratique frauduleuse qui consiste à déposer des cookies de suivi sans que l’utilisateur ait réellement interagi avec l’application. Les faits, révélés par une enquête, pourraient valoir à leurs auteurs jusqu’à vingt ans de prison aux États-Unis.
Mais qu’est-ce que le cookie stuffing exactement ? Pour comprendre, il faut d’abord saisir le fonctionnement du marketing d’affiliation. Lorsqu’un site comme Phia propose un code de réduction, l’utilisateur clique sur ce code. Un cookie est alors déposé dans son navigateur, indiquant au détaillant que la vente a été initiée par la plateforme. Si l’achat est finalisé, le détaillant verse une commission à l’affilié. Ce système repose sur la confiance : les cookies sont censés refléter une action volontaire de l’utilisateur. Le cookie stuffing détourne ce mécanisme en créant de faux déclencheurs.
Le modèle économique de Phia en question
Phia a été lancée avec l’ambition de simplifier la recherche de codes promotionnels. L’extension s’installe dans le navigateur et analyse les pages visitées pour proposer automatiquement des réductions. Le modèle est séduisant : l’utilisateur économise de l’argent, la plateforme touche une commission, et les marques voient leurs ventes augmenter. En apparence, tout le monde y gagne. Mais cette apparente vertu cachait une réalité bien plus trouble.
Selon les documents internes consultés, plusieurs fonctionnalités développées par Phia permettaient de déposer des cookies sans l’accord explicite des utilisateurs. L’une d’elles, baptisée « passive trigger », déposait un cookie toutes les deux heures sur les mille sites les plus fréquentés, dès lors que l’utilisateur avait déjà interagi avec l’extension. Concrètement, même si une personne ne cliquait sur aucun code, Phia s’attribuait le mérite de la vente ultérieure. Une autre fonctionnalité déclenchait un cookie dès qu’un utilisateur cliquait n’importe où sur la page de paiement, y compris pour fermer la pop-up de l’extension.
Les conséquences ne se sont pas fait attendre. En juin, plus de la moitié des ventes pour lesquelles Phia se créditait une commission résultaient de cette pratique, selon un data scientist interne. Un chiffre contesté par la startup, mais qui a conduit Impact.com, la plateforme d’affiliation partenaire, à suspendre Phia de son réseau, coupant ainsi sa principale source de revenus.
Un silence de sept mois
L’affaire a éclaté début juillet. Phia a d’abord affirmé n’avoir eu connaissance des faits que « dans les dernières 24 heures ». Mais des messages internes Slack consultés par des journalistes d’investigation contredisent cette version. Les deux cofondatrices, Phoebe Gates et Sophia Kianni, auraient été informées dès décembre 2025, soit sept mois avant la révélation publique. Cette dissonance entre le discours officiel et la réalité documentée jette une ombre sur la gouvernance de la jeune entreprise.
Le choix de la discrétion s’explique peut-être par l’ampleur du désastre financier. Avant la désactivation des fonctionnalités litigieuses le 7 juillet, Phia générait environ 80 000 dollars de chiffre d’affaires quotidien. Après cette désactivation, ce montant est tombé à moins de 30 000 dollars. Une chute de plus de 60 %, qui révèle à quel point le modèle de l’entreprise dépendait de la fraude.
Les partenaires commerciaux touchés sont des marques de premier plan comme Nike, Gap et Nordstrom. Elles ont vu des commissions attribuées à Phia pour
Source:Trends-Tendances News
