
Il y a tout juste trois ans, l'été 2023 était marqué par un phénomène culturel sans précédent : le Barbenheimer. Ce terme, inventé par les réseaux sociaux, désignait la sortie simultanée de deux blockbusters radicalement différents : Barbie de Greta Gerwig et Oppenheimer de Christopher Nolan. Si les deux films ont connu un immense succès critique et commercial, c'est la comédie satirique portée par Margot Robbie qui est sortie grande gagnante avec 1,5 milliard de dollars de recettes au box-office mondial. Un chiffre vertigineux qui a fait de Barbie le plus gros carton de l'histoire de la Warner Bros.
Trois ans plus tard, alors que le paysage cinématographique a bien changé, les studios tentent de capitaliser sur leurs franchises les plus rentables. Et logiquement, l'idée d'une suite à Barbie refait surface. Selon les informations rapportées par le New York Times, Warner Bros serait plus que partant pour donner vie à Barbie 2. Mais un détail de taille bloque la mise en chantier du film : la question budgétaire, et plus précisément le salaire astronomique exigé par Ryan Gosling.
Un carton historique pour Warner
Pour comprendre l'ampleur des enjeux, il faut revenir sur le succès phénoménal du premier opus. Sorti le 19 juillet 2023, Barbie a bénéficié d'une campagne marketing exceptionnelle et d'un bouche-à-oreille viral. Le film a non seulement séduit les fans de la poupée Mattel, mais aussi un public bien plus large, grâce à un scénario intelligent et subversif signé Greta Gerwig et son époux Noah Baumbach. Le long-métrage a abordé des thèmes comme le patriarcat, le féminisme et l'identité, tout en restant divertissant et accessible.
Avec 1,5 milliard de dollars de recettes, Barbie a surpassé tous les records de la Warner. Ce succès a également relancé l'intérêt pour les jouets Mattel, qui a vu ses ventes augmenter considérablement. Le studio et le fabricant de jouets ont signé un accord de droits permettant à Warner d'exploiter la licence Barbie pendant une durée déterminée. Or, cet accord arrive à expiration. Si aucun nouveau deal n'est signé avant décembre, les droits reviendront intégralement à Mattel, qui pourrait alors choisir un autre partenaire ou mettre fin au projet de suite.
Cette échéance met une pression énorme sur les négociations en cours. Warner doit convaincre Greta Gerwig de revenir derrière la caméra, Margot Robbie de reprendre son rôle de Barbie, et Ryan Gosling de retrouver le costume de Ken. Mais les pourparlers s'éternisent, notamment en raison des exigences financières des principaux intéressés.
Ryan Gosling exigerait 20 millions de dollars
Selon les sources du New York Times, Ryan Gosling aurait formulé une demande particulièrement élevée pour rempiler dans le rôle de Ken. L'acteur, qui a été nommé aux Oscars pour sa prestation dans Barbie, exigerait la modique somme de 20 millions de dollars. Un cachet qui peut sembler justifié au vu du succès planétaire du premier film, mais qui a visiblement refroidi David Zaslav, le PDG de Warner Bros. Discovery.
David Zaslav, connu pour sa gestion rigoureuse des coûts, aurait jugé cette somme trop « onéreuse ». Cette position a créé une véritable impasse dans les négociations. Les dirigeants du studio ont confirmé au quotidien new-yorkais qu'aucun accord n'avait été trouvé après des mois de discussions : « Nous disposons d'un accord de droits avec Mattel et avons formulé plusieurs offres importantes pour tenter de finaliser les contrats en vue de la production du prochain film Barbie. Malheureusement, nous ne sommes pas parvenus à un accord pour l'instant. »
Il faut dire que la situation financière de Warner Bros. Discovery n'est pas au beau fixe. Le groupe, né de la fusion entre WarnerMedia et Discovery en 2022, a accumulé une dette colossale de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Pour y faire face, David Zaslav a multiplié les mesures d'économies drastiques : annulation de projets, suppression de contenus sur les plateformes de streaming, et réduction des budgets de production. Dans ce contexte, accepter de payer 20 millions de dollars à Ryan Gosling pourrait créer un précédent coûteux pour d'autres franchises.
Greta Gerwig et Margot Robbie au cœur des négociations
Outre Ryan Gosling, les négociations concernent également Greta Gerwig et Margot Robbie. La réalisatrice, qui a connu une ascension fulgurante à Hollywood avec Lady Bird et Les Filles du docteur March, est devenue l'une des cinéastes les plus convoitées de sa génération. Elle a d'ailleurs été approchée pour réaliser deux adaptations des Narnia pour Netflix, un projet très ambitieux. Son retour pour Barbie 2 n'a donc rien d'évident, d'autant qu'elle souhaite obtenir un contrôle créatif total et une part des recettes.
Margot Robbie, de son côté, est devenue une productrice influente à travers sa société LuckyChap Entertainment. Elle a prouvé son talent dans des productions variées, de Tu peux oublier ma batte de baseball à Babylon. Son implication dans la suite de Barbie est essentielle, mais elle aussi exige des conditions financières à la hauteur de son statut. Selon les informations rapportées, le studio aurait proposé aux deux femmes un pourcentage sur les recettes, une pratique courante à Hollywood pour les talents de premier plan.
Le problème est que ces exigences s'additionnent aux coûts de production déjà estimés pour une suite. Le premier film avait coûté environ 145 millions de dollars, une somme raisonnable pour un blockbuster. Mais avec des salaires plus élevés pour les acteurs et la réalisatrice, ainsi que des effets spéciaux peut-être encore plus ambitieux, le budget de Barbie 2 pourrait dépasser les 200 millions. Un risque financier important pour un studio déjà endetté.
Un scénario déjà écrit mais gardé secret
Malgré les blocages financiers, Greta Gerwig et Noah Baumbach auraient déjà écrit un scénario pour la suite. Selon les sources proches du dossier, les deux scénaristes ont travaillé sur ce projet pendant des mois et seraient très enthousiastes à l'idée de poursuivre l'aventure. Cependant, ils refusent d'en parler tant qu'un accord contractuel n'est pas signé. Cette attitude prudente est compréhensible dans un environnement où les projets peuvent être annulés du jour au lendemain.
Il est intéressant de noter que Warner Bros envisagerait également un spin-off centré sur le personnage de Ken, interprété par Ryan Gosling. Ce projet, évoqué après le succès du premier film, aurait séduit l'acteur canadien, qui s'est beaucoup amusé à incarner ce personnage superficiel et attachant. Un film centré sur Ken pourrait explorer son univers, avec des allers-retours entre Barbie Land et le monde réel. Mais ce projet serait également tributaire des négociations en cours.
En attendant, Mattel commence à exploiter ses autres licences pour diversifier ses revenus. Cette stratégie est logique : le fabricant de jouets ne veut pas dépendre uniquement de Barbie pour son avenir cinématographique. Plusieurs adaptations sont en préparation ou déjà sorties, avec des résultats mitigés.
Les autres projets Mattel au cinéma
Après le succès de Barbie, Mattel a rapidement lancé le développement de nombreux films basés sur ses franchises. Parmi eux, Les Maîtres de l'univers a finalement débarqué directement sur Prime Video après un échec commercial aux États-Unis. Ce film, qui devait initialement sortir en salles, a été racheté par Amazon dans le cadre d'un accord négocié. Ce choix illustre les difficultés rencontrées par Mattel à réitérer le triomphe de Barbie.
Un autre projet très attendu est Matchbox, un film d'action délirant avec John Cena. Prévu pour le 9 octobre prochain sur Apple TV+, ce long-métrage s'inspire de la célèbre gamme de voitures miniatures de Mattel. Avec sa distribution impressionnante et son ton excentrique, Matchbox pourrait séduire un public adulte nostalgique des années 80 et 90. Le succès de ce projet sera un indicateur important pour la stratégie de Mattel dans le cinéma.
D'autres licences sont également en développement, comme Hot Wheels, Polly Pocket ou encore Dinotrux. Mattel cherche à créer un univers cinématographique partagé, à l'instar de Marvel ou DC, même si cette ambition semble difficile à réaliser. Le succès de Barbie repose en grande partie sur le talent de Greta Gerwig, un fait que les dirigeants de Mattel ont bien compris.
Pour l'instant, les fans de Barbie devront encore patienter avant d'avoir des nouvelles concrètes d'une suite. Warner Bros et Mattel ont encore quelques mois pour trouver un terrain d'entente avant l'expiration de l'accord de droits. Si aucun compromis n'est trouvé, le projet pourrait être abandonné au profit d'autres adaptations de jouets, qui attendent déjà leur heure de gloire. L'avenir de Barbie 2 semble donc suspendu à des considérations financières, loin des paillettes et de la magie de Barbie Land.
Source:Purebreak News
