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SoftBank cherche 100 milliards de dollars dans le Golfe pour accélérer son pari sur l’IA

Oct 12, 2026  Twila Rosenbaum 12 views
SoftBank cherche 100 milliards de dollars dans le Golfe pour accélérer son pari sur l’IA

SoftBank cherche 100 milliards de dollars dans le Golfe pour accélérer son pari sur l’IA

Le groupe japonais SoftBank Group serait engagé dans des discussions avancées avec plusieurs fonds souverains du Golfe pour mobiliser environ 100 milliards de dollars. L’objectif affiché est d’accélérer massivement ses investissements dans l’intelligence artificielle, un domaine que son fondateur et directeur général, Masayoshi Son, considère comme la prochaine grande révolution industrielle. Selon des informations concordantes, cette somme serait destinée à financer des infrastructures de calcul, des usines de semi-conducteurs, des centres de données géants et des modèles d’IA de nouvelle génération. Le montant, s’il est confirmé, représenterait l’une des plus importantes levées de capitaux privés jamais réalisées pour le secteur technologique.

SoftBank n’en est pas à son premier pari technologique. Le groupe a bâti sa réputation sur des investissements précoces dans des entreprises devenues dominantes, notamment dans le commerce en ligne et les télécommunications. Avec le Vision Fund, lancé en 2017, il a tenté de reproduire ce modèle à très grande échelle. Mais les résultats ont été contrastés : certains paris ont été spectaculaires, tandis que d’autres ont entraîné des dépréciations lourdes. Aujourd’hui, Masayoshi Son veut tourner la page et concentrer les ressources sur l’IA, qu’il décrit comme la technologie la plus transformatrice de notre époque.

Les faits clés

  • SoftBank Group chercherait à lever environ 100 milliards de dollars auprès de fonds souverains du Golfe.
  • Les discussions concerneraient plusieurs États de la région, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar.
  • Les capitaux seraient affectés à des projets d’intelligence artificielle : centres de données, puces, énergie, modèles et applications.
  • Masayoshi Son plaide pour une accélération vers ce qu’il appelle la superintelligence artificielle.
  • Le Golfe cherche à diversifier ses économies et à devenir un hub technologique mondial.
  • SoftBank a déjà noué des partenariats dans l’IA, notamment via le projet Stargate et sa participation dans Arm.
  • La levée pourrait prendre la forme d’un véhicule d’investissement dédié, de coentreprises ou de fonds thématiques.
  • Les négociations resteraient à un stade avancé mais pourraient encore évoluer.

Une ambition portée par Masayoshi Son

Masayoshi Son est connu pour ses prises de position audacieuses. Il a répété que l’intelligence artificielle générale, puis la superintelligence, bouleverserait l’économie mondiale plus profondément que la révolution internet. Pour lui, les entreprises qui contrôleront les infrastructures de calcul, les données et les modèles seront les nouvelles puissances industrielles. SoftBank veut donc se positionner non pas comme un simple investisseur, mais comme un architecte de cette transition. Le groupe détient déjà Arm, le concepteur britannique de puces dont les architectures équipent la quasi-totalité des smartphones et une part croissante des serveurs d’IA. Cette participation est considérée comme un actif stratégique dans la course à l’IA.

Le dirigeant japonais a également évoqué la nécessité de mobiliser des capitaux colossaux. Les modèles d’IA les plus avancés exigent des milliers de processeurs graphiques, des réseaux à très haut débit et des quantités d’électricité comparables à celles de villes moyennes. Les coûts d’entraînement et d’inférence augmentent de façon exponentielle. SoftBank estime que les seuls financements traditionnels ne suffiront pas. D’où son intérêt pour les fonds souverains du Golfe, qui disposent de réserves financières exceptionnelles et d’une volonté affichée de diversifier leurs économies au-delà des hydrocarbures.

Pourquoi le Golfe est un partenaire stratégique

Les fonds souverains du Golfe sont devenus des acteurs incontournables du capital-investissement mondial. L’Arabie saoudite, via son fonds public d’investissement, multiplie les engagements dans les technologies, le divertissement et les infrastructures. Les Émirats arabes unis, avec Mubadala, ADQ et ADIA, investissent massivement dans l’IA, les semi-conducteurs et les énergies nouvelles. Le Qatar, le Koweït et Bahreïn cherchent également à attirer les entreprises technologiques. Pour ces États, l’IA représente à la fois un levier de diversification économique et un instrument de puissance régionale. Ils veulent éviter de rester dépendants des revenus pétroliers et gaziers à long terme.

Le Golfe dispose de plusieurs atouts : une énergie abondante et bon marché, des terrains disponibles, une fiscalité attractive et une capacité à financer des projets à très long terme. Les centres de données géants ont besoin d’électricité stable et compétitive. Les pétromonarchies peuvent offrir les deux. Elles peuvent aussi faciliter les autorisations administratives et proposer des cadres réglementaires adaptés. En retour, elles attendent des transferts de compétences, des emplois qualifiés et une intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Le partenariat avec SoftBank s’inscrirait dans cette logique de co-développement.

Des besoins colossaux en infrastructures

L’intelligence artificielle ne se résume pas à des algorithmes. Elle repose sur une base industrielle lourde : semi-conducteurs avancés, serveurs spécialisés, refroidissement liquide, réseaux optiques et alimentation électrique. La demande mondiale pour ces équipements explose. Les fabricants de puces comme Nvidia, AMD ou TSMC sont au cœur de cette chaîne. SoftBank, via Arm, veut peser sur l’architecture des processeurs. Le groupe pourrait aussi investir dans des fonderies, des usines d’assemblage et des parcs de données. Les 100 milliards de dollars évoqués permettraient de financer plusieurs projets de très grande envergure, éventuellement répartis entre plusieurs pays.

Les besoins énergétiques sont un autre défi. Un centre de données d’IA de nouvelle génération peut consommer autant qu’une petite centrale électrique. Les opérateurs cherchent des sources d’énergie décarbonées : solaire, éolien, nucléaire, géothermie. Le Golfe investit déjà dans le solaire à grande échelle et explore des partenariats dans le nucléaire civil. Une alliance avec SoftBank pourrait accélérer la construction de capacités dédiées. Elle pourrait aussi inclure des technologies de stockage et des réseaux intelligents. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement énergétique des futurs campus d’IA.

Le précédent du Vision Fund et l’héritage des investissements technologiques

Le Vision Fund, première incarnation de la stratégie de Masayoshi Son, avait déjà fait appel à des capitaux du Golfe. En 2017, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis avaient contribué à hauteur de dizaines de milliards de dollars. Le fonds avait investi dans des entreprises comme Uber, WeWork, DoorDash, Slack et ByteDance. Certaines ont connu un succès retentissant, d’autres ont généré des pertes historiques. WeWork est resté l’exemple le plus douloureux. Cette expérience a rendu SoftBank plus prudent, mais n’a pas refroidi son ambition. Le groupe a depuis réduit sa voilure, vendu des participations et renforcé son bilan.

La nouvelle approche serait différente. Il ne s’agirait plus seulement de prendre des participations minoritaires dans des start-up, mais de contrôler des infrastructures critiques. SoftBank veut devenir un opérateur de l’IA, pas uniquement un financier. Cette stratégie s’appuie sur Arm, dont la technologie est au centre de nombreux processeurs d’IA. Elle pourrait aussi passer par des acquisitions ciblées et des coentreprises avec des industriels. Les fonds du Golfe, de leur côté, cherchent davantage de contrôle et de retombées locales. Ils ne veulent plus être de simples bailleurs de fonds. Leur participation pourrait donc prendre la forme de partenariats industriels, avec des usines et des centres de recherche implantés sur leur sol.

Les défis de la levée de fonds

Mobiliser 100 milliards de dollars n’est jamais une formalité. Les fonds souverains ont des mandats, des contraintes de gouvernance et des exigences de rendement. Ils doivent justifier leurs allocations auprès de leurs autorités politiques et de leurs opinions publiques. Les investissements dans l’IA sont prometteurs, mais risqués : cycles technologiques rapides, concurrence féroce, incertitudes réglementaires et valorisations élevées. Les fonds du Golfe pourraient demander des garanties, des clauses de gouvernance et des droits de sortie. SoftBank devra rassurer sur la solidité de son bilan et sur la visibilité de ses projets.

La géopolitique ajoute une couche de complexité. Les États-Unis et l’Europe encadrent de plus en plus les exportations de technologies sensibles, notamment les puces avancées et les équipements de fabrication. Un partenariat entre un groupe japonais et des fonds du Golfe devra respecter ces règles. Les autorités américaines pourraient examiner attentivement les transferts de technologie et les accès aux données. SoftBank, qui opère sur plusieurs continents, devra naviguer entre les intérêts divergents. La Chine, de son côté, développe ses propres champions de l’IA et cherche à attirer des capitaux. La compétition technologique mondiale rend les alliances plus délicates.

Un repositionnement après les turbulences

SoftBank a traversé plusieurs périodes difficiles. La chute des valeurs technologiques en 2022 a provoqué des pertes records au sein du Vision Fund. Le groupe a dû vendre une partie de ses participations, notamment dans Alibaba, pour renforcer sa trésorerie. Il a aussi réduit ses effectifs et ralenti ses investissements. L’introduction en bourse d’Arm en 2023 a redonné de l’élan à son bilan. Depuis, le cours de l’action a rebondi, porté par l’engouement pour l’IA. Masayoshi Son a annoncé vouloir passer à l’offensive. La recherche de 100 milliards de dollars dans le Golfe s’inscrit dans cette volonté de reprendre l’initiative après une phase de consolidation.

Le groupe veut également se distinguer des autres investisseurs. Les grands fonds américains, les géants technologiques et les fonds souverains asiatiques sont déjà très actifs dans l’IA. SoftBank mise sur sa capacité à combiner capital, propriété intellectuelle et vision industrielle. Arm lui donne un accès privilégié aux concepteurs de puces. Les participations existantes dans les télécommunications et l’internet mobile fournissent des données et des débouchés. Le groupe peut ainsi proposer à ses partenaires du Golfe un écosystème complet, de la puce au service final. C’est cet argument qu’il mettrait en avant dans les négociations.

L’IA, nouvelle priorité mondiale

La course à l’intelligence artificielle est devenue un enjeu de souveraineté. Les États-Unis, la Chine, l’Union européenne, le Japon et le Royaume-Uni ont tous annoncé des stratégies nationales. Les entreprises privées investissent des sommes historiques. Les centres de données se multiplient, les commandes de puces s’accumulent et les besoins en électricité augmentent. Dans ce contexte, disposer d’un accès garanti à des capacités de calcul est un avantage stratégique. SoftBank veut sécuriser cet accès pour ses propres projets et pour les entreprises de son portefeuille. Les fonds du Golfe, de leur côté, veulent acheter une place dans cette nouvelle économie.

Les pays du Golfe ne se contentent plus d’exporter des hydrocarbures. Ils investissent dans les semi-conducteurs, les villes intelligentes, la santé numérique et les technologies climatiques. L’Arabie saoudite a créé des sociétés dédiées à l’IA et aux centres de données. Les Émirats arabes unis ont lancé des modèles de langage arabes et des initiatives sur les puces. Le Qatar mise sur la recherche et l’éducation. Ces efforts visent à attirer les talents et à retenir les entreprises technologiques. Un partenariat avec SoftBank pourrait accélérer leur montée en puissance et leur donner accès à un réseau mondial d’innovation.

Quelles conséquences pour l’écosystème technologique

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Source:Coin Academy News


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