
Glen Powell, une star qui assume ses choix
Glen Powell n’est plus un acteur à découvrir. En quelques années, le comédien texan s’est imposé comme l’un des visages les plus en vue d’Hollywood, sans pour autant renoncer à une certaine idée du cinéma. Après des débuts modestes, il a changé de dimension grâce à Top Gun : Maverick, puis a enchaîné les projets avec une régularité impressionnante. Pourtant, sa carrière ne ressemble pas à celle de nombreux jeunes premiers qui rêvent de revêtir une cape ou de rejoindre une franchise géante. Glen Powell explique aujourd’hui pourquoi il refuse les films de super-héros et pourquoi il a écarté un rôle dans Jurassic World : Renaissance.
Cette prise de position n’a rien d’un coup d’éclat gratuit. Elle s’inscrit dans une trajectoire cohérente, celle d’un acteur qui a longtemps été cantonné à des seconds rôles avant de devenir une tête d’affiche. On l’a vu dans Expendables 3, Les Figures de l’ombre, The Wendell Baker Story ou encore The Dark Knight Rises, souvent dans des partitions secondaires. Cette expérience lui a sans doute appris à distinguer les projets qui peuvent nourrir sa carrière de ceux qui risquent de l’enfermer dans une image. Aujourd’hui, Glen Powell veut choisir ses rôles en fonction de ce qu’il peut réellement apporter à un film, et non de la simple ampleur du budget.
Pas de super-pouvoirs, mais des enjeux humains
Dans un entretien, Glen Powell a livré une explication très claire de son rapport aux super-héros. Il ne se voit pas incarner des personnages dotés de pouvoirs extraordinaires. Ce qui l’attire, dit-il, ce sont les gens ordinaires confrontés à des situations exceptionnelles. C’est précisément ce qui le séduit dans Running Man, la nouvelle adaptation du roman de Stephen King par Edgar Wright. Dans cette histoire, son personnage, Ben Richards, doit survivre alors que le monde entier le traque et cherche à le tuer. La question est simple : va-t-il s’en sortir ? Pourra-t-il sauver sa famille ? Pour l’acteur, cette simplicité est une force.
Cette philosophie explique en partie son refus des films de super-héros. Le genre repose souvent sur des figures surpuissantes, des enjeux cosmiques et des mythologies complexes. Glen Powell préfère les récits où la tension vient d’abord de l’humain : la peur, la survie, la famille, la pression sociale ou la nécessité de dépasser ses limites. Cela ne signifie pas qu’il méprise le genre. Il n’exclut d’ailleurs pas totalement l’idée d’apparaître un jour dans un univers de super-héros, mais plutôt dans un rôle secondaire. Pour lui, le premier rôle doit lui permettre d’explorer une forme de fragilité et de réalisme, deux éléments qu’il juge essentiels à son jeu.
Jurassic World : Renaissance, un blockbuster refusé
Le cas de Jurassic World : Renaissance est encore plus concret. Glen Powell devait ou pouvait rejoindre la franchise, mais il a finalement décliné l’opportunité. Il n’a pas révélé quel rôle lui avait été proposé, ni qui l’a accepté à sa place. Il a simplement expliqué qu’il faut parfois se projeter dans un film et admettre une évidence : non, je ne serais pas bon dans ce rôle. Il ajoute qu’un autre acteur aurait sans doute été mieux placé pour insuffler de la vie au personnage, ou pour faire un meilleur travail que lui. Cette lucidité peut surprendre dans une industrie où les blockbusters sont souvent perçus comme des tickets gagnants.
Le refus n’a pas empêché Glen Powell de rester lié, d’une certaine manière, à l’univers Jurassic World. Il a prêté sa voix à un personnage de la série animée Jurassic World : La Colo du Crétacé. Ce détail montre que son rapport à la franchise n’est pas fondé sur un rejet catégorique. Il ne s’agit pas de dire non par principe à un grand nom du divertissement, mais de choisir les projets dans lesquels il estime pouvoir être utile. La nuance est importante : Glen Powell ne fuit pas les films populaires. Il refuse simplement de prendre une place pour laquelle il ne se sent pas le meilleur choix possible.
Un choix lucide, pas un caprice
Dans le milieu du cinéma, refuser un blockbuster peut être mal compris. Un acteur qui décline une franchise très attendue renonce à une exposition mondiale, à un cachet potentiellement élevé et à une visibilité qui peut transformer une carrière. Glen Powell assume pourtant cette décision. Il explique qu’il faut parfois se priver d’un emploi, et que ce n’est pas grave. Cette phrase résume une conception assez mature du métier : un rôle ne doit pas être accepté uniquement parce qu’il est gros, mais parce qu’il correspond à ce que l’acteur peut y faire. La logique industrielle pousse souvent à dire oui pour rester dans le circuit. La logique artistique, elle, invite parfois à dire non pour préserver la crédibilité.
Cette approche est d’autant plus intéressante que Glen Powell n’est pas dans une situation de nécessité. Sa carrière est florissante. Il peut se permettre de choisir, ce qui n’est pas donné à tous les comédiens. Mais son raisonnement pourrait aussi s’appliquer à des acteurs moins installés : accepter un rôle par peur de manquer une occasion peut parfois abîmer une trajectoire. À l’inverse, refuser un projet peut laisser de la place à des rencontres plus justes, plus personnelles, plus durables. Glen Powell semble avoir compris que la carrière d’un acteur se construit autant sur ce qu’il accepte que sur ce qu’il refuse.
Une carrière construite sur la diversification
Depuis Top Gun : Maverick, Glen Powell a multiplié les registres. Il a été l’une des têtes d’affiche de Devotion, de J.D. Dillard, avant de jouer le premier rôle masculin de Tout sauf toi aux côtés de Sydney Sweeney. Il a ensuite enchaîné avec Hit Man de Richard Linklater, après avoir tourné pour le cinéaste dans Fast Food Nation et Everybody Wants Some. Son dernier fait d’armes en date est Twisters, le spin-off du Twister de 1996. Cette diversité montre qu’il ne cherche pas à s’enfermer dans un seul type de blockbuster. Il passe de la comédie romantique au thriller, du film d’action au projet plus auteuriste, avec une facilité qui intrigue.
Les projets à venir confirment cette volonté de varier. Il sera le nouveau héros de Running Man, la nouvelle adaptation du roman de Stephen King après celle de 1987 avec Arnold Schwarzenegger. Il a également décroché le premier rôle de la nouvelle version de Backdraft, le film de pompiers de Ron Howard. On le verra aussi dans la comédie noire Huntington aux côtés de Margaret Qualley, et dans la série comique Chad Powers, où il incarnera un quarterback en disgrâce qui tente de relancer sa carrière en se faisant passer pour quelqu’un d’autre. Autrement dit, Glen Powell continue de diversifier son CV, sans céder à la facilité des franchises de super-héros.
Running Man, un rôle taillé pour lui
Running Man apparaît comme le projet le plus emblématique de cette stratégie. Le roman de Stephen King raconte l’histoire d’un homme contraint de participer à une émission télévisée mortelle, dans laquelle des chasseurs tentent de l’éliminer. La version de 1987 avec Arnold Schwarzenegger avait pris beaucoup de libertés avec le matériau d’origine. La nouvelle adaptation, confiée à Edgar Wright, devrait proposer une relecture plus moderne et plus tendue. Pour Glen Powell, le rôle de Ben Richards offre exactement ce qu’il recherche : un personnage ordinaire, poussé dans une situation extraordinaire, avec des enjeux familiaux et une lutte pour la survie.
Le comédien a expliqué que l’histoire était simple et géniale. Le monde entier traque cet homme, essaie de le tuer. Va-t-il survivre ? Va-t-il sauver sa famille ? Ces questions donnent un moteur narratif immédiat, sans besoin de pouvoirs spéciaux ni de mythologie complexe. C’est aussi une manière de renouer avec un cinéma de genre populaire, physique, tendu, dans lequel l’acteur peut s’investir corps et âme. Glen Powell n’a jamais caché son goût pour les films d’action et les personnages charismatiques, mais il veut que l’action serve une émotion humaine. Running Man semble répondre à cette exigence.
Ce que ces refus révèlent de Hollywood
Les choix de Glen Powell disent quelque chose de l’évolution du star-system. Pendant longtemps, rejoindre une franchise de super-héros ou un grand blockbuster a été présenté comme l’aboutissement d’une carrière. Aujourd’hui, certains acteurs commencent à envisager ces projets avec plus de prudence. Les tournages sont longs, les contrats peuvent être restrictifs, et l’association à un personnage peut devenir difficile à dépasser. Glen Powell ne dit pas que ces films sont mauvais. Il dit simplement qu’ils ne sont pas forcément faits pour lui. Cette distinction permet de comprendre son refus sans le transformer en croisade contre le divertissement populaire.
Il faut aussi rappeler que le marché a changé. Les franchises dominent les box-offices, mais elles sont de plus en plus concurrencées par des films originaux portés par des stars. Un acteur comme Glen Powell peut désormais attirer le public avec son nom, sans avoir besoin d’un masque ou d’une cape. Sa popularité repose sur une image de gars ordinaire, charmeur, un peu casse-cou, capable de passer de la comédie au drame. Cette identité est précieuse, et il semble vouloir la protéger. Refuser un rôle dans Jurassic World : Renaissance ou dans un film de super-héros peut être une façon de ne pas diluer cette singularité.
Reste que le comédien n’a pas fermé toutes les portes. Il a évoqué la possibilité d’apparaître un jour dans un univers de super-héros, mais plutôt dans un second rôle. Cette ouverture montre qu’il ne s’agit pas d’un dogme. Glen Powell veut simplement garder la main sur sa carrière et ne pas accepter un projet uniquement pour la taille de son logo sur l’affiche. Une position rare, mais cohérente avec le parcours d’un acteur qui a attendu longtemps avant de connaître la reconnaissance. Running Man doit sortir dans les salles françaises le 5 novembre 2025.
Source:Ecran Large News
