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Elle sonne 133 fois chez Jungkook (BTS) : la justice sud-coréenne tranche et prend une décision radicale

Jul 01, 2026  Twila Rosenbaum 6 views
Elle sonne 133 fois chez Jungkook (BTS) : la justice sud-coréenne tranche et prend une décision radicale

Un soir de décembre, dans un immeuble chic de Séoul, l'interphone de Jeon Jungkook, 28 ans, star mondiale de la K‑pop et membre de BTS, se met à sonner. Une fois. Dix fois. Cent fois. Au total, 133 sonneries en quelques minutes. De l'autre côté de la porte, une jeune femme refuse de partir. Elle vient du Brésil, elle dit aimer son idole plus que tout. Ce soir-là, elle ne le sait pas encore, mais sa vie va changer de pays.

Cette fan brésilienne de Jungkook s'appelle Daliane Ferreira. Elle a quitté son pays pour se rapprocher de son chanteur préféré, jusqu'à louer un logement dans le même quartier de Séoul. Au début, ce n'est qu'une fascination de plus dans l'océan du fandom K‑pop. Aujourd'hui, Daliane Ferreira est condamnée pour harcèlement et pourrait être expulsée de Corée du Sud. Pour un coup de sonnette de trop.

De la première visite aux 133 sonneries : quand l'obsession s'installe

Tout commence le 7 décembre 2025. Daliane Ferreira repère l'adresse de Jungkook dans le district de Yongsan, à Séoul. Elle tourne longuement autour de la propriété, jette de petits objets par‑dessus la clôture, glisse des lettres dans l'entrebâillement de la porte. Dans ces messages, elle se dit "en manque d'amour". Le tribunal de Séoul parlera plus tard d'un "niveau d'obsession extrême", après avoir compté environ 22 visites en un mois.

Le 12 décembre, l'obsession franchit un seuil. Cette nuit‑là, elle reste devant l'interphone et appuie encore et encore : 133 sonneries d'affilée. Quelques jours plus tard, le 13 décembre, elle tente de s'introduire sur la propriété en suivant un livreur de repas par une porte annexe. Arrêtée, puis relâchée le lendemain, elle reçoit l'ordre de ne plus remettre les pieds près du domicile de Jungkook. Elle revient pourtant, au mépris d'un ordre d'éloignement qui lui interdit d'approcher à moins de 100 m. En février 2026, la police transmet finalement son dossier au procureur.

Un an de prison avec sursis… et un aller simple vers le Brésil

En juin 2026, le tribunal de district de Séoul rend son verdict. Daliane Ferreira est jugée coupable en vertu de la loi anti-stalking sud‑coréenne, ainsi que d'intrusion illégale et de violation de la loi sur l'immigration, son visa ayant expiré. Peine prononcée : un an de prison, assorti d'un sursis de deux ans. Elle devra suivre 40 heures d'un programme de réhabilitation pour auteurs de harcèlement, n'a plus le droit d'approcher Jungkook ni son domicile à moins de 100 m, ni de le contacter en ligne ou par téléphone. Et, à l'issue de la procédure, elle doit être renvoyée au Brésil.

Pour les juges, le message est clair : en Corée du Sud, le harcèlement de célébrités n'est plus traité comme une simple excentricité de fan. La Stalking Punishment Act, entrée en vigueur récemment, permet de sanctionner pénalement des comportements répétés qui font naître la peur ou la détresse chez la victime. Selon la presse coréenne, être fan n'excuse pas des actes comme attendre régulièrement un artiste devant son domicile ou son parking, sonner à de multiples reprises à son interphone, ou suivre un idol jusque chez lui. Pour un étranger en situation irrégulière, la combinaison condamnation plus visa expiré signifie presque toujours l'expulsion.

K‑pop, fantasmes de fans et réalité des frontières

Cette affaire ne tombe pas de nulle part. Elle éclate alors que Jungkook est au cœur d'une polémique : en ligne, des fans traquent les moindres indices d'une relation supposée avec Winter, du groupe aespa, parlant de "preuves" et adoptant des attitudes de "sasaengs", fans harceleurs qui oublient qu'un idol reste un être humain. Pour les fans étrangers, la règle est simple : violer la vie privée d'un idol, c'est prendre le risque d'être expulsé.

Le phénomène des sasaengs n'est pas nouveau dans l'industrie de la K‑pop. Depuis les débuts de la vague Hallyu, des fans obsessionnels ont franchi les limites : vols d'objets personnels, installation de caméras cachées dans les logements d'idols, appels téléphoniques incessants, ou encore tentatives d'intrusion lors de concerts. Les agences de divertissement ont dû renforcer la sécurité autour de leurs artistes, mais les cas extrêmes continuent d'émerger, souvent avec des conséquences judiciaires sévères.

La Corée du Sud a pris conscience de la gravité du harcèlement de célébrités. En 2021, une loi spécifique contre le stalking a été adoptée, permettant des peines allant jusqu'à trois ans de prison ou une amende de 30 millions de wons (environ 20 000 euros). Cette loi a été utilisée pour condamner plusieurs sasaengs, mais l'affaire Ferreira est particulièrement emblématique car elle implique une étrangère et montre que la justice sud‑coréenne n'hésite pas à appliquer la loi avec toute sa rigueur.

Jungkook, lui, n'a pas commenté publiquement l'affaire. Cependant, des sources proches de l'artiste indiquent qu'il a vécu cette période avec une grande anxiété. En tant que membre de BTS, il est habitué à une exposition médiatique intense, mais le harcèlement à son domicile franchit une ligne intolérable. Le groupe BTS a souvent évoqué, dans ses chansons et interviews, la difficulté de concilier vie privée et célébrité. Ce genre d'incident rappelle que les idoles ne sont pas des produits de consommation, mais des êtres humains avec un droit fondamental à la sécurité et à la tranquillité.

Au Brésil, la nouvelle de l'expulsion de Daliane Ferreira a provoqué des réactions mitigées. Certains fans brésiliens de BTS expriment leur honte et leur colère, estimant que le comportement de la jeune femme nuit à la réputation de leur communauté. D'autres, plus critiques, soulignent que le système de fandom favorise parfois une culture de l'obsession, poussée par les réseaux sociaux et l'économie de l'attention. Des psychologues spécialistes des comportements addictifs rappellent que le fandom peut dégénérer en parasocial obsessionnel, où le fan développe une relation imaginaire avec l'idole et perd le sens des limites.

Le cas de Ferreira est également un avertissement pour les nombreux fans étrangers qui voyagent en Corée dans l'espoir d'approcher leurs idoles. Chaque année, des touristes venus du monde entier se rendent à Séoul pour visiter les lieux fréquentés par les stars de la K‑pop, acheter des produits dérivés, ou tenter d'apercevoir leur chanteur préféré. La plupart respectent les règles et se contentent d'une expérience touristique. Mais une minorité, comme Ferreira, franchit la ligne, et se heurte alors à une justice qui ne fait pas de différences.

Au-delà de l'aspect pénal, cette affaire pose la question de la responsabilité des agences et des plateformes de médias sociaux. Les fans harceleurs sont souvent alimentés par des communautés en ligne qui partagent des adresses, des emplois du temps, et des informations privées. Les agences tentent de lutter contre ce phénomène en envoyant des avertissements et des poursuites, mais les sasaengs trouvent toujours de nouveaux moyens de contourner les obstacles. Les réseaux sociaux, de leur côté, peinent à modérer les contenus qui incitent au harcèlement, car ils sont souvent protégés par la liberté d'expression.

La peine infligée à Daliane Ferreira est donc symbolique à plusieurs titres. Elle montre que la loi sud‑coréenne peut frapper fort, même contre des étrangers. Elle rappelle que le harcèlement, même motivé par un prétendu amour, est un crime. Et elle souligne la nécessité d'une éducation au bon usage du fandom, dès le plus jeune âge, pour prévenir les dérives. Les écoles et les familles ont un rôle à jouer pour apprendre aux jeunes à séparer admiration et obsession, à respecter la vie privée des célébrités, et à comprendre que les relations parasociales ne remplacent pas les relations réelles.

Cette affaire a également eu un impact sur la manière dont les médias coréens traitent les incidents de sasaengs. Autrefois sensationnalisés, ces faits sont aujourd'hui rapportés avec plus de sérieux, en insistant sur les conséquences juridiques et psychologiques. Les journaux, comme Le Parisien ou les médias coréens, ont largement couvert le procès, contribuant à sensibiliser l'opinion publique. La pression médiatique a peut-être aussi joué un rôle dans la sévérité de la peine, la justice voulant envoyer un message dissuasif.

Enfin, pour Jungkook personnellement, cet épisode marque une étape difficile dans sa carrière. BTS est en pause prolongée en raison du service militaire de ses membres, mais le groupe reste extrêmement populaire. Jungkook a sorti une chanson solo, "Standing Next to You", qui a rencontré un grand succès, mais il a également exprimé le besoin de se recentrer sur sa vie personnelle. Le harcèlement subi ne fait que renforcer son désir de préserver son intimité. Espérons que cette décision de justice dissuadera d'autres fans de passer à l'acte, et permettra à l'artiste de retrouver un peu de sérénité.


Source:MSN News


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