Pendant des années, la douleur de perdre un animal de compagnie est restée silencieuse, souvent minimisée par l'entourage. Mais les témoignages publics de célébrités et les nouvelles pratiques d'accompagnement montrent un changement de société : les animaux occupent désormais une place affective centrale, et leur disparition appelle, elle aussi, un temps pour dire au revoir.
Derrière les hommages des célébrités, une peine vécue par des millions de Français
Quand Lewis Hamilton annonce la disparition de son bulldog Roscoe, l'émotion dépasse rapidement le cercle de ses admirateurs. Les messages affluent. Quelques semaines plus tard, Kylie Jenner partage un mémorial numérique en hommage à son chien Norman. En France, des personnalités comme Mika, Marina Kaye, Corinne Touzet, Sandrine Arcizet, Sabrina Ouazani ou Frédérique Bel parlent elles aussi publiquement de la perte de leur animal.
Ces prises de parole ont un point commun : elles donnent un visage à une douleur longtemps restée privée. Celle de perdre un compagnon avec lequel on partageait un quotidien, des habitudes, une présence silencieuse mais essentielle.
Le chanteur Mika a choisi de transformer son attachement à sa chienne Melachi en chanson avec "Immortal Love" en janvier dernier. Plus récemment, l'animatrice Christine Bravo confiait être "dévastée" après la disparition de son cheval Imogène, rappelant que cette réalité concerne aussi les propriétaires d'équidés.
Ces histoires médiatisées ne relèvent pourtant pas seulement de l'actualité des célébrités. Elles révèlent un phénomène plus large : une évolution profonde du lien entre humains et animaux.
"Les célébrités disposent d'une visibilité exceptionnelle pour exprimer leur chagrin. Mais ce qu'elles rendent visible aujourd'hui correspond à une réalité que nous observons quotidiennement auprès des familles que nous accompagnons. Le besoin de dire au revoir, de conserver un souvenir et de donner une place à la mémoire de l'animal n'a jamais été aussi fort", explique David Buisset, Directeur Général de Veternity France.
Un animal n'est plus seulement un compagnon : il est devenu un proche
Derrière ces témoignages se cache une transformation majeure de notre rapport aux animaux de compagnie. Pour beaucoup de familles, le chien, le chat ou le NAC (nouvel animal de compagnie) occupe désormais une place comparable à celle d'un proche.
Les résultats de l'étude quantitative menée par Kantar pour Veternity entre le 14 et le 19 mai 2025 auprès de 1 010 Français représentatifs de la population nationale sont particulièrement révélateurs. Selon cette enquête, 94 % des propriétaires considèrent leur animal comme un proche, 68 % le considèrent comme un membre de la famille, 76 % déclarent avoir vécu sa disparition comme un véritable deuil, 78 % estiment que dire adieu à un animal mérite autant de respect et de rituels qu'un deuil humain, et 60 % jugent important de commémorer sa mémoire après son décès.
Ces chiffres racontent une histoire simple : la disparition d'un animal ne correspond pas uniquement à la perte d'une présence dans la maison. Elle bouleverse une relation affective construite au fil des années.
Pourtant, malgré cette évolution collective, la reconnaissance de cette souffrance reste parfois difficile. Près d'un tiers des personnes ayant perdu un animal (30 %) estiment que leur douleur n'a pas été reconnue par leur entourage. Et 23 % déclarent avoir eu honte d'exprimer publiquement leur peine. Une souffrance existe donc, mais elle n'a pas toujours trouvé les mots pour être entendue.
De la douleur immédiate au souvenir : le besoin de ritualiser les adieux
Face à cette perte, les propriétaires cherchent de nouvelles façons de rendre hommage à leur compagnon. Les réseaux sociaux permettent aujourd'hui de partager un souvenir, une photo, quelques mots. Mais ils ne répondent pas toujours au besoin plus profond de marquer une séparation.
L'étude révèle ainsi que près d'un propriétaire sur deux souhaite conserver une empreinte ou une mèche de son animal. Par ailleurs, 40 % expriment le souhait de disposer d'un lieu, d'un objet de mémoire ou d'une cérémonie personnalisée. Ces gestes peuvent prendre différentes formes : une urne, un bijou cinéraire, un moment de recueillement ou une cérémonie hommage. L'objectif n'est pas d'effacer la douleur, mais de lui donner une place.
"Comme pour tout être cher, chacun a besoin de trouver sa propre façon de dire au revoir. Les rituels permettent souvent de transformer la douleur immédiate en souvenir apaisé et d'inscrire durablement la place qu'a occupée l'animal dans l'histoire familiale", ajoute David Buisset.
Une nouvelle manière d'accompagner la fin de vie animale
Cette évolution s'accompagne aussi d'une transformation des pratiques funéraires animales. Les familles souhaitent davantage personnaliser les derniers instants avec leur compagnon et bénéficier d'un accompagnement adapté à l'importance de ce lien. Des services comme Esthima, service funéraire pour chiens, chats et NAC de Veternity, ou Horsia pour les propriétaires de chevaux, se développent pour répondre à cette demande.
Au fond, cette évolution raconte moins une transformation des pratiques funéraires qu'un changement du regard porté sur l'animal. Celui-ci n'est plus seulement un compagnon du quotidien. Il est devenu un membre de l'histoire familiale. Et lorsque vient le moment de lui dire au revoir, de plus en plus de personnes ressentent le besoin d'avoir un espace pour pleurer, se souvenir… et remercier.
Source:MSN News
