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« Comme si quelqu’un était mort » : Ronaldo se confie sur sa dépression après sa retraite

Jul 16, 2026  Twila Rosenbaum 4 views
« Comme si quelqu’un était mort » : Ronaldo se confie sur sa dépression après sa retraite

Deux Coupes du monde, deux Ballons d'Or, un statut de légende absolue. Sur le papier, Ronaldo Nazário avait tout gagné quand il a raccroché les crampons en 2011, à seulement 34 ans. Mais derrière la vitrine des trophées, l'ancien attaquant brésilien vivait un tout autre combat. Il vient de le raconter sans filtre, et ça change complètement l'image qu'on avait de sa retraite.

Invite du podcast Futebol Legends Talks, Ronaldo, aujourd'hui âgé de 49 ans, a lâché une phrase qui a surpris tout le monde. « Quand tu décides d'arrêter le foot, c'est comme si quelqu'un de proche était mort », a-t-il confié, sans détour. Une image brutale, mais qui dit tout de la violence du vide ressenti par l'ancien numéro 9 lorsqu'il a quitté les terrains après 18 ans de carrière au sommet.

Une confession qui tranche avec l'image du champion serein

Ronaldo ne s'est pas arrêté à la métaphore. Il a nommé les choses avec une franchise rare chez un ancien champion de son calibre. « J'ai souffert de dépression sévère, j'ai pris beaucoup de poids. C'était très difficile de quitter le football », a-t-il expliqué face caméra. L'idée même de ne plus jouer, dit-il, était « dévastatrice ». Pas un simple coup de blues post-carrière, mais un véritable effondrement psychologique et physique.

Ce témoignage rejoint d'autres histoires de sportifs qui craquent une fois les projecteurs éteints. Le cas de l'ancien défenseur Adil Rami, qui a lui aussi raconté s'être senti perdu, résonne avec ce que décrit Ronaldo. Mais au-delà du football, des icônes du sport mondial comme Michael Jordan ou Andre Agassi ont également décrit des périodes de vide après leur retraite, soulignant que ce phénomène touche tous les athlètes de haut niveau, quels que soient leur sport ou leur palmarès.

Dépression sévère et prise de poids : l'après-carrière version face cachée

Le phénomène n'est pas propre à Ronaldo. Passer de l'adrénaline permanente d'une carrière internationale au silence du quotidien crée un vide difficile à combler. Les jours se suivent sans la routine des entraînements, des matchs, des voyages, des vestiaires. Ce que les sportifs appellent parfois le « syndrome de la page blanche » peut déboucher sur une perte d'identité profonde. Ronaldo, qui a connu des blessures graves aux genoux à plusieurs reprises pendant sa carrière, avait déjà dû faire face à des périodes de doute et de réhabilitation. Mais la retraite a été un choc d'une autre ampleur.

D'autres légendes du foot français ont traversé des épreuves similaires une fois loin des terrains, entre problèmes de santé et remises en question profondes, comme Bixente Lizarazu, confronté à une maladie après sa carrière. Même Yannick Noah, pourtant icône adulée, a évoqué des périodes sombres où tout semblait s'effondrer malgré les succès accumulés. Ces témoignages rappellent que la santé mentale des athlètes ne s'arrête pas à la fin de leur carrière sportive. Les institutions sportives commencent tout juste à mettre en place des accompagnements psychologiques post-carrière, mais beaucoup reste à faire.

Pourquoi l'arrêt frappe si fort les champions de haut niveau

Le déclic qui a permis à Ronaldo de rebondir est venu avec le temps. « Ensuite tu réalises qu'il y a d'autres choses dans la vie que tu peux faire, tu peux te réinventer », a-t-il ajouté sur le podcast. Il reconnaît toutefois que l'envie de compétition, elle, ne l'a jamais vraiment quitté. « L'idée de ne plus être en compétition est restée en moi longtemps », précise-t-il. Aujourd'hui, Ronaldo est propriétaire majoritaire du club de Cruzeiro, après avoir été actionnaire du Real Valladolid. Il s'est également lancé dans divers projets entrepreneuriaux, mais la passion du jeu demeure.

Pour comprendre l'ampleur du vide ressenti par Ronaldo, il faut se rappeler ce qu'il a construit pendant près de deux décennies. Champion du monde en 1994 et en 2002, année où il termine meilleur buteur du tournoi avec huit réalisations. Deux Ballons d'Or, un statut de meilleur attaquant de sa génération. Ses passages au PSV Eindhoven, au FC Barcelone, à l'Inter Milan, au Real Madrid et à l'AC Milan ont marqué l'histoire du football. Il a également été le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde jusqu'à ce que Miroslav Klose le dépasse. Quitter un tel niveau d'exigence et d'excitation du jour au lendemain explique en partie ce vertige qu'il décrit aujourd'hui avec autant de lucidité.

Les blessures ont également joué un rôle crucial dans sa décision de prendre sa retraite. Après une première grave blessure au genou droit en 1999, puis une récidive en 2000, il avait subi plusieurs opérations. À son retour, il n'était plus le même joueur physiquement, bien qu'il ait conservé son génie technique. Ces années de souffrance et de rééducation avaient déjà forgé une résilience, mais la retraite a été un nouveau défi. Comme il le confie, le corps finit par lâcher, mais l'esprit a du mal à suivre.

Une parole qui libère d'autres témoignages

En brisant ce silence, Ronaldo rejoint une génération de sportifs qui acceptent enfin de parler ouvertement de santé mentale, longtemps tabou dans le milieu du sport de haut niveau. Des joueurs comme DeAndre Yedlin, Rio Ferdinand ou encore Andrés Iniesta ont également évoqué des épisodes dépressifs. Même des stars actuelles comme Kylian Mbappé, dont l'équilibre personnel a été scruté de près après des performances en dents de scie, montrent que la pression médiatique et les attentes peuvent peser lourd.

Le témoignage de Ronaldo rappelle une évidence trop souvent oubliée : la gloire sportive ne protège de rien une fois les projecteurs éteints. Mais il offre aussi une lueur d'espoir. En se réinventant, en trouvant de nouveaux projets, parfois en restant dans le milieu du football mais à un autre poste, les anciens champions peuvent retrouver un équilibre. Ronaldo, aujourd'hui à la tête de Cruzeiro, semble avoir trouvé une nouvelle raison de se lever le matin. Pourtant, il avoue que l'envie de compétition ne s'est jamais éteinte. Peut-être est-ce là le signe que certains regrets persistent, mais que la vie continue.

Ce récit intime de Ronaldo Nazário est un puissant rappel que la santé mentale des sportifs doit être prise au sérieux bien au-delà de leur carrière active. Les clubs, les fédérations et les instances sportives ont un rôle à jouer pour préparer les joueurs à cette transition, souvent brutale, vers une vie sans le terrain. Le chemin est encore long, mais des paroles comme celles-ci contribuent à briser le silence et à encourager d'autres à chercher de l'aide.


Source:Le Tribunal du Net News


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